La Grâce présidentielle

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grace presidentielleLa violence est un fléau contre lequel nous devons tous nous mobiliser.

Liberté. Fraternité. Liberté perd tout son sens dès lors où notre Justice déraille et s’enferme sur un fait criminel sans chercher à comprendre le contexte dans lequel le meurtre a eu lieu. C’est comme l’histoire du bijoutier qui a été attaqué, menacé avec une arme par des malfaiteurs dans son magasin. Il chasse les bandits, tire un coup de fusil pour se défendre d’une agression. Le réflexe de légitime défense n’est pas retenu. Des voyous courent toujours, et le commerçant laisse son magasin saccagé, et le voilà placé en détention. On marche sur la tête dans un monde qui tourne à l’envers. C’est celui qui est agressé qui paye pour l’agresseur.

Que penser du drame de cette femme battue durant 47 ans par un mari violent qui violait et maltraitait ses enfants ! Triste exemple de ce que vivent des femmes, hélas, qui gardent le silence, par peur d’être tuées. Ces conjoints au comportement indigne tiennent leur épouse par la terreur. Les personnes victimes de violence ont peur de porter plainte et ne le font pas. Bien évidemment, ce drame s’arrange rarement, au contraire, il s’aggrave, et les conséquences sont dévastatrices. Généralement, les membres de la famille sont brisés par des traumatismes successifs. Mais cette explication ne me suffit pas ! Je me pose bien des questions. On ne parle ni des services sociaux, pas plus des voisins, ni d’interventions de la Police ou du Samu. C’est l’intrigue totale. Pas de médecins à l’horizon. 47 années passées sous silence pour Madame Sauvage, et elle a fini par tuer son bourreau. L’accumulation de violences ne donnait aucun répit à cette femme. Elle vivait dans un état de tension et d’oppression impossible à endurer. Aucun répit. Et l’absence de répit la plaçait dans un état où tout pouvait basculer à tout instant. Quand on ne se maîtrise plus, le pire est toujours là. La situation rationnelle qui veut nous dire qu’au moment de l’acte il n’y avait pas d’agression ne fait pas partie de ce contexte. Cette explication n’est valable que pour une personne qui est confrontée exceptionnellement à un acte de violence, et nous ne sommes pas du tout dans ce type de situation. Elle est en grande partie défendable si on prend en compte cette explication.

Combien de personnes en ce moment-même vivent en France des faits similaires ? Puisque chaque année, plus de 200 000 femmes sont victimes de violences et/ou de viols, dont une centaine perdent la vie, laissant parfois des enfants orphelins.

A croire que la peur dépasse l’acte de violence Pour diverses raisons culturelles, liées à leur éducation, des femmes restent séquestrées par leur mari. Une dame de 70 ans informe sa fille qu’elle ne peut aller chez le médecin malgré une hémorragie car le mari lui interdit de sortir. C’est le même schéma, une des voies de la violence. Les horreurs de cette nature nous rappellent que la Société doit encore éliminer une forme de barbarie bien présente malgré nos belles libertés. Trop loin de la vie ordinaire, une minorité agonise dans ce triste quotidien, qui coupe les ailes et brise toute chance d’avenir aux enfants qui subissent eux aussi ces violences. Les enfants portent en eux des séquelles qui peuvent engendrer le phénomène de répétition ou des problèmes psychiatriques sévères.

La violence est un mal de vivre qui punit avant tout l’auteur, et provoque des dégâts dans son entourage. Cette minorité fait des hommes qui puisent leur force esclavagiste dans la faiblesse de l’autre. Le terrorisme solitaire n’est pas toujours en Syrie, il est près de nous, pas loin, peut-être chez notre voisin.

Le Chef de l’Etat ne pouvait pas faire autrement que de respecter notre drapeau et notre devise : «Liberté, Egalité, Fraternité», cet art de vivre à la française qu’il a souvent défendu. Partant de cet évènement qui a soulevé la France, il faudrait mettre le dossier sur la table de travail pour améliorer la législation, et faire en sorte que notre Société se protège de ce terrorisme familial. Rompre la loi du silence n’est pas de la délation lorsqu’il s’agit de sauver un humain en danger sans lui faire courir de risque. Et des enfants sans défense exposé innocemment à la mort.

Au nom d’Humanisme et Opinion, Monsieur le Président de la République, vous avez réagi et donné un exemple d’empathie et d’humanité.

 

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